Interview: « Le gouvernement ne donne donc pas d’instructions aux maires », dixit Kamal Adjayi

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Il est l’un des maires les plus dynamiques du Togo. Jeune et d’une élégance rare, Kamal Adjayi dégage assez d’énergie et a de l’ardeur au travail. Il a un sens aigu du travail bien fait et montre une infatigable envie de faire bouger et avancer les choses. Son credo dès le premier jour de sa prise de fonction dans sa commune du Golfe 3, « faire de Doumasséssé la plus belle commune du Togo ». Le décor planté, les actions suivent forcément, les très visibles et attrayantes fresques artistiques le long de la clôture de l’Université de Lomé, des projets de salubrité et d’assainissement, ainsi que plusieurs autres actions et initiatives ne cessent de marquer le quotidien des populations de cette commune. Le jeune maire a bien voulu répondre à quelques questions sur ce qui a été accompli en termes de bilan pendant les deux années déjà passées à la tête de la commune ainsi que les perspectives.

L’interview publiée telle que reçue

 Bonjour monsieur le maire, dites-nous comment se porte la décentralisation dans la commune Golfe 3 ?

Bonjour, à l’instar de toutes les communes du Togo, la décentralisation dans la commune du Golfe 3 suit son cours. Nous sommes pleinement dans les actions de développement de notre communauté et nous donnons le maximum possible pour que les choses aillent mieux. L’idéal comme on a eu à le rappeler, c’est l’amélioration du cadre de vie, l’accompagnement de l’Etat dans tous ses projets car il faut qu’on ait notre déclinaison au niveau de notre commune ici pour que tout se passe bien.

 On sent une unicité d’action dans votre conseil, une certaine symphonie à l’unisson, quelle est votre recette ?

Il n’y a pas de secret, je suis ravi d’apprendre que tout fonctionne bien dans notre conseil. Moi je me dis toujours qu’il y a toujours quelque chose à faire. Il n’y a pas de recette magique, il faut juste que nous nous mettons dans l’esprit du travail communautaire. Nous sommes là pour un travail. Il faut donc que chacun s’inscrive dans cette logique, que chacun sache ce qu’il a à faire. Nous faisons en sorte que chacun ait des objectifs, qu’il sache vraiment où nous voulons aller et chacun doit suivre cette direction. Il y a forcément des quiproquos comme il y en a partout, mais il faut se mettre résolument dans un esprit et dans un mouvement d’ensemble. Nous avons une seule mission qui nous lie en étant ici qui est le développement de notre commune et de ses habitants, l’amélioration du cadre de vie, l’épanouissement des jeunes,…, et cela doit rester le centre de notre attention.

 

Trois projets majeurs ont attiré notre attention sur votre commune, en l’occurrence le projet de salubrité, celui de l’employabilité des jeunes et enfin le projet de digitalisation des services de la commune. Dites-nous-en un peu s’il vous plaît.

Au-delà de ces trois projets, la commune du Golfe 3 porte beaucoup d’autres projets. Notre credo est d’avoir à lancer au minimum un projet d’envergure par mois. Nous faisons en sorte d’avoir à résoudre un problème ponctuel de notre société une fois par mois. Ceci étant, nous avons lancé ce projet de salubrité pour mieux encourager nos populations à être bienveillante sur la question de salubrité de la commune, cela nous coûte beaucoup d’argent, à assainir la commune au quotidien. Nous associons donc les populations qui sont à la base de cette insalubrité. Désormais, il faut que chacun comprenne qu’on doit prendre soin de l’environnement. Nous essayons donc de travailler un peu sur le mental de chacun, tout en les faisant gagner un peu d’argent afin qu’au détour de cela, ils puissent financer d’autres projets prioritaires pour leurs quartiers. C’est un peu cela le mécanisme.

Pour l’employabilité des jeunes, comme il est d’accoutumée dans beaucoup de pays dans le monde, ainsi que dans le nôtre, la question des jeunes est très importante, quand vous avez une population où la proportion des jeunes oscille entre 50 et 60%, il faut leur mettre le pied à l’étrier. Nous essayons aussi d’apporter notre contribution au gouvernement, à résoudre cette question du chômage des jeunes. Notre formule, c’est de mettre l’accent sur la formation, de plus professionnaliser les jeunes et  leur permettre de se projeter vers un métier d’avenir intéressant.

En outre, nous avons la digitalisation des services de la municipalité, un projet d’envergure pour nous depuis le début. Même si le papier a toujours de beaux jours, l’époque papier pour nous est passée. Nous traitons tout un volume d’informations tous les jours et il faudrait qu’on puisse laisser des archives conséquentes. Cela dépasse aussi ce cadre. Il faut qu’on ait des données statistiques qui nous permettent facilement de prendre les bonnes décisions et tout cela ne saurait se faire aujourd’hui sans la digitalisation. Le contexte actuel et passé du covid 19, nous rappelle l’importance du numérique et de la digitalisation. Nous devons pleinement inscrire notre administration au cœur de toutes ces réformes. Nous avons donc ce projet de digitalisation dont les premiers modules sont déjà développés. Notre ambition est d’arriver à une administration totalement digitalisée où on gagne un temps considérable dans tout ce que nous faisons, et aussi pour que nous puissions laisser des archives conséquentes au terme de nos activités.

Malgré les apparences, votre quotidien de maire n’est pas sans difficultés. C’est cela ?

Les difficultés c’est notre quotidien, on ne peut pas faire cet exercice sans difficultés. Il y en a forcément de tout ordre mais par nature, je ne m’attarde pas beaucoup sur les difficultés. Nous sommes beaucoup préoccupés par les solutions. Notre dynamique au quotidien est de rester engagés pour mener à bien notre tâche. Les difficultés, on les laisse clairement en silence et il faut avancer vers le succès à travers les résolutions.

Quelle est la relation qui vous lie avec le pouvoir central ?

En décentralisant le pays, ce que le gouvernement voulait faire est de permettre un dynamisme dans chaque coin et recoin du territoire. C’est d’avoir des propositions et des solutions des élus locaux, d’aider le gouvernement à résoudre les problèmes du quotidien et c’est cela même l’essence d’une administration locale et rapprochée. Le gouvernement ne donne donc pas d’instructions aux maires. Il y a bien sûr le cadre de la politique nationale générale qui est défini et connu de tous. Mais il revient à chaque collectivité d’être entreprenante, de proposer, de mener des initiatives et de trouver des solutions aux différents problèmes. Les problèmes du Togo, tout le monde les connait. Nous sommes des responsables à part entière au sein de nos collectivités et c’est à nous de trouver ces genres de solutions et c’est ce que nous faisons dans la commune du Golfe 3.

 Des perspectives et un mot de fin ?

Les perspectives, il y en a toujours. J’exhorte tout le monde, les lecteurs à accompagner ce processus de décentralisation. L’administration locale, c’est d’abord eux pour eux, donc avant tout pour nous-mêmes. A notre niveau, nous servons de courroie entre le gouvernement et la population à la base. C’est ensemble que nous devons trouver des solutions communes. Ce n’est pas sans heurts ni difficultés. Mais nous devons être constructifs, aller ensemble de l’avant. Chacun doit apporter sa pierre à l’édifice, construire quelque chose de durable et je pense que ce sera pour le satisfécit de toute la nation et des populations. J’invite donc chacun à apporter sa pierre et contribuer à la décentralisation de notre pays.

Je vous remercie.

 

Journal des Communes

 

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